Nos Bonnes pensées : une histoire de regards ...

Chères Bonnes,

Ces derniers temps, un sujet est revenu plusieurs fois dans nos discussions entre amies. Ces “petits cafés”, pas vraiment des rendez-vous, pas vraiment des histoires.

Juste des moments avec des hommes qui les regardent, qui les écoutent, qui les désirent, parfois.

Et elles repartent avec quelques compliments, avec ce petit truc en plus dans le regard, avec, surtout, une sensation qu’elles avaient un peu perdue : exister.

Parce que, chez elles, ce regard-là n’est plus toujours là.
Parce qu’avec le temps, les enfants, le quotidien…elles ont parfois l’impression d’être devenues invisibles.

Alors ces parenthèses leur redonnent confiance, elles remontent leur estime, elles rallument quelque chose.

Et nous, autour de la table, nous écoutons, sans juger.

Mais forcément, ça questionne.

Parce que nous ne sommes pas toutes concernées de la même façon.
Certaines en ressentent un vrai besoin, d’autres, pas du tout.

Et là, avec Éléonore, nous avons envisagé d’ouvrir une petite bicoque de consulting émotionnel , sans aucune qualification, sans recul, mais avec beaucoup d’aplomb (et zéro diplôme, évidemment).

Dans ce cadre hautement sérieux, nous avons tout de même remarqué quelque chose.

Beaucoup de ces femmes ont grandi avec une figure paternelle absente, discrète, ou difficile à atteindre.

Attention, ce n’est pas une vérité, ce n’est pas une explication, nous ne sommes pas psychologues.

Juste des femmes qui observent, qui relient des points, qui se posent des questions.

Est-ce que le regard du père, son approbation, son attention, peuvent influencer, plus tard, ce besoin d’être regardée par un homme ?

Est-ce qu’à l’âge adulte, nous cherchons parfois à combler quelque chose sans même nous en rendre compte ?

Ou est-ce simplement humain, universel, d’avoir envie de plaire, d’être désirée, d’être vue ?

Sans doute un peu tout ça à la fois.

Mais au fond, une autre question nous traverse.

Comment faire autrement ?

Parce que nous avons des filles. Et nous aimerions qu’elles puissent grandir libres.

Libres de plaire, bien sûr. Libres de séduire, de jouer, de briller.

Mais pas dépendantes.

Que leur confiance ne repose pas uniquement sur le regard d’un homme.
Que leur sentiment de valeur ne vacille pas au rythme des compliments… ou de leur absence.

Qu’elles puissent se sentir belles, fortes et légitimes même quand personne ne les regarde.

Et qu’un jour, si elles cherchent le regard de quelqu’un, ce soit par envie, par désir, par amour.

Pas pour combler un vide.

Chez Bonnes, nous ne donnons pas de leçons.
Nous partageons juste des réflexions, des doutes, des morceaux de vie.

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